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Le Moulin de Pato à Beyrède (Hautes-Pyrénées)

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Josy et Alain Graves, en famille, devant le moulin. Photo : Pierre Brau-Arnaüty

Beyrède est un petit village de moyenne montagne situé au coeur de la vallée d'Aure, à mi-chemin entre Lannemezan et Saint-Lary- Soulan, dans les Hautes-Pyrénées.
La commune tire son nom de l’intense activité verrière qu’elle a connue jusqu’à la fin du XVIIIe siècle (le mot bigourdan "beyré" se traduit en français par "verre").
Elle s’étend sur 1600 ha et oscille entre 650 m d’altitude, sur les bords de la Neste, et 1921 m à la crête du Signal du Bassia. Elle s'étend jusqu'au versant sudouest de la vallée de Campan, avec laquelle elle communique par le col de Beyrède.
La population des trois quartiers résidentiels : Beyrède, Jumet et le hameau d’Escalère, est de 250 habitants aujourd’hui. Il est à noter qu’en 1830, période dorée dans les Pyrénées, la commune connaissait 652 habitants ! C’est à cette époque aussi qu’elle comptait au moins 8 moulins à eau, et parmi eux le Moulin de Pato qui nous intéresse aujourd’hui.

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Alain Graves dans son moulin. Photo : Pierre Brau-Arnaüty

LE MOULIN DE PATO

C’est le 20 Juin 2015 que les habitants du village, les amis et les membres de l’Association des Moulins des Hautes-Pyrénées se sont retrouvés sur les pentes de Beyrède pour fêter l’inauguration du Moulin de Pato.
Alain et Josy Graves, les heureux propriétaires, habitent à Foissac, dans le département de l’Aveyron, entre Villefranche de Rouergue et Figeac. Ils ont acheté en 2000 un ensemble maison/moulin au lieu-dit Artiguenave, le long du ruisseau de Beyrède. Une fois la maison de vacances terminée, Alain a contacté le CAUE des Hautes- Pyrénées dont il a obtenu croquis et conseils pour la remise en état du moulin.
L’hiver 2003 a eu raison de la toiture du petit édifice et notre ami s’est décidé à tout raser et à reconstruire à l’identique, sur de nouvelles fondations.
Ce travail de restauration a occupé vacances et week-ends de la famille pendant trois ans. Le gros oeuvre a été réalisé avec l’aide d’un artisan local et la mairie de Beyrède a fourni un tractopelle pour aider au travail de creusement et de nivellement du terrain.

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Le rouet en robinier. Photo : Pierre Brau-Arnaüty


Le propriétaire s’est chargé de l’aménagement intérieur et a tout fabriqué de ses mains. Il faut dire que son métier de mécanicien sur les engins de travaux publics (Caterpillar) fait de lui un très bon ouvrier et un fin ajusteur.
Si le premier rouet en fer avait un très bon rendement, dans un souci d’esthétique, Alain a décidé de fabriquer le rouet définitif en robinier (110 cm de diamètre). L’axe est en chêne, les archures sont en peuplier (les insectes n’attaquent pas ce bois, m’a-t-il dit), l’auget est en ormeau et le babillard en buis.
Concernant l’historique, les premières recherches ont fait apparaître le nom de Jean Vidailhet comme propriétaire du moulin en 1830. La consultation du Terrier de la commune a permis de remonter jusqu’en 1758 et de trouver un autre Vidailhet Pierre, surnommé Pata, transformé depuis en Pato !

Pierre Brau-Arnaüty
Président de l’Association des Moulins des Hautes-Pyrénées

Article Paru dans le Monde des Moulins n°56 - Avril 2016

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