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Le Moulin de Gignac veut revenir dans le vent

Soutenue par la Fondation du Patrimoine, la réhabilitation prend forme grâce aux dons. Les Gignacois l’attendaient depuis des décennies. À Noël 2016, l’ancien moulin à vent aura retrouvé ses ailes.
Situé sur le Causse de Martel, au point de rencontre de trois départements (Lot, Dordogne et Corrèze), il offre une large vue sur le Causse corrézien, les hauteurs de la Corrèze et les Monts du Cantal. Vieux de près de deux siècles, il s’apprête à vivre une seconde jeunesse. Les travaux de maçonnerie sont terminés. Les jeunes de la section menuiserie du Lycée Pré de Cordy de Sarlat ont refait des portes à l’ancienne. Le charpentier va engager dans les semaines à venir les travaux de charpente et installer le mécanisme de meunerie.

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Le Moulin de Gignac (Lot) en 1930 - Photo DR.

Un projet fédérateur

Le projet est conduit par l’Association des Amis du Moulin qui a, depuis une dizaine d’années, multiplié les animations pour enrichir le nerf de la guerre : vide-grenier en juillet près du moulin, marché aux truffes en janvier, foire au gibier en décembre, fêtes du pain, publication de brochures, apéritif figue et noix labellisé « Moulin de Gignac ». Fin 2015, ce sont 40 000 € qui ont été mis sur la table du conseil municipal pour faire avancer le projet. Avec le feu vert de la mairie, les événements se sont précipités. Les associations locales se sont investies dans le projet et ont versé dans le pot commun 28 000 €. Reconnue « association d’intérêt général », l’Association des Amis du Moulin de Gignac collecte, sur un fonds de dotation créé pour l’occasion, les dons des particuliers et des entreprises, et a signé également une convention avec la Fondation du Patrimoine. À ce jour, plus de 
20 000 € ont été collectés de cette façon. Ce projet de rénovation a entraîné une forte adhésion de la population qui attend avec impatience la première mise au vent. Les subventions allouées par les collectivités territoriales et les parlementaires permettent de faire la totalité des travaux en une seule tranche.

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Le moulin après reprise de la maçonnerie en partie haute de la tour, et installation de nouvelles portes (juillet 2016) - Photo DR.

Un avenir assuré ? Pas sûr, la menace vient du ciel

Pour faire vivre le moulin, six candidats meuniers de trois générations différentes sont prêts à faire tourner les nouvelles ailes, prêts à moudre, prêts à tamiser. L’inauguration officielle aura lieu courant juin 2016. L’objectif de cette sauvegarde est de créer une dynamique suivant quatre axes : environnemental, technique, économique et touristique, culturel et pédagogique. Un mini-musée pédagogique sera également installé dans le moulin et aux alentours, sur la pelouse.
Mais le fonctionnement du moulin risque d’être compromis. En cause, la présence à 5 km à vol d’oiseau, ou plutôt à vol d’avion, de l’aéroport Brive-Vallée de la Dordogne, et l’installation de balises signalétiques au sommet du toit dont l’une, le flash intermittent, pèse 10 kg. Les bénévoles de l’association sont très inquiets après avoir rencontré à plusieurs reprises la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC). Les efforts déployés par l’association pour redonner des ailes au moulin risquent fort d’être contrariés par une histoire d’ailes, celles des avions. En effet, le Moulin à vent de Gignac est concerné par le plan de servitudes aéronautiques de dégagement, un plan destiné à écarter ou supprimer les obstacles pouvant créer des gênes lors des vols. En 2010, lors de la création du nouvel aéroport, des balises ont été installées sur le moulin, puis déplacées en juillet 2016 à quelques mètres du moulin, sur un poteau en béton, mais seulement pour la durée des travaux. Le problème ? La DGAC veut remettre les balises sur un mât de quatre mètres fixé au sommet du toit du moulin.

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Une ombre de taille : les balises aéroportuaires installées provisoirement à proximité du moulin (juillet 2016) - Photo DR.

Et techniquement, la charpente ne résistera pas. Pour le charpentier, « c’est un problème techniquement insoluble sans compromettre l’intégrité typologique du moulin. En effet, la charpente d’un moulin à vent est très légère afin de réduire le poids pesant sur les sablières, et ainsi favoriser la rotation. Les efforts transmis par le mât sur la charpente seront d’autant plus importants que la place disponible au poinçon est d’environ 1 m seulement. » Et pour l’architecte « il serait préférable à tous points de vue de faire déplacer ces balises qui, de plus, dénatureront l’architecture de ce moulin restauré à l’identique ». La réponse du responsable de la DGAC venu de Toulouse est catégorique : « Pas question de créer un deuxième obstacle ! » Pour l’association, la solution de compromis serait d’installer la balise lourde sur un poteau à proximité immédiate du moulin et la balise légère sur un mât au sommet du moulin. « Nous espérons qu’un compromis raisonnable sera trouvé par les services techniques de l’aéroport ». Sans quoi le moulin ne pourra pas faire tourner ses ailes.

À consulter : http://www.gignac-en-quercy.fr/articles.php?lng=fr&pg=744
Association "Lo Patrimòni et les Amis du moulin" de Gignac (Lot) - Mairie 46600 Gignac
Voir aussi : MdM Avril 2016- n°56 p 6

Robert Vayssié, vice-président de l'association, responsable de la réhabilitation du moulin
Paru dans le Monde des Moulins n°58 - Octobre 2016

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