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Le moulin de Linos à Estancarbon (Haute-Garonne)

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Le moulin et la maison du meunier. Photo : M. Lajoie-Mazenc

Ce moulin à eau est situé à Estancarbon, à une dizaine de kilomètres à l’est de Saint- Gaudens, dans la petite plaine de Linos qui fut autrefois la propriété des Comtes de Comminges.
C’était un moulin bladier à quatre paires de meules auquel était associée une scie battante alimentée par un aqueduc passant sous la maison du meunier, aqueduc dont il reste aujourd’hui quelques vestiges.
Il recevait son eau grâce à un canal d’amenée long d’environ 3 km sur la rive gauche de la Garonne. Ce canal a été mis à sec en 1930 par la création du barrage de la Gentille, au sud de Saint-Gaudens, en 1930, à 400 m en amont de la prise d’eau. Fort heureusement, le canal reçoit 1 km plus loin, la terminaison du canal d’Aulné (créé en 1898 à partir de Villeneuve de Rivière), ce qui permet aujourd’hui une alimentation en eau suffi sante pour les démonstrations lors des visites.
Au début du XXe siècle, le moulin a subi un certain nombre de transformations (suppression de meules, utilisation d’un roudet pour produire de l’électricité,...).

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La salle des meules. Photo : M. Lajoie-Mazenc


Il a été acheté par notre famille en 1926 et nous en sommes toujours propriétaires.
Nous avons effectué des recherches sur l’histoire du moulin et nous avons trouvé que le plus ancien propriétaire connu était un certain Jean de Mauléon de Francon, grâce à la déclaration de revenus fonciers qu’il a faite le 9 Avril 1554 au Sénéchal de Toulouse.
De plus, comme nous pensions que ce moulin est beaucoup plus ancien, nous avons, en 2011, décidé de faire une datation dendrochronologique des bois qui s’y trouvent. Pour cela, nous avons fait appel au Laboratoire L.A.E. à Bordeaux, dont les analyses ont montré que le bois du sommier support des meules date de 1387 et surtout, qu’une des deux poutres du dessous de ce sommier date, elle, de 1267 (trois ans avant la mort de St Louis !)…. Ces analyses confi rment que le moulin de Linos était très certainement un moulin comtal du Comminges, construit sur les terres ayant appartenu à Bernard III de Comminges, celui qui décida de la construction de la collégiale de Saint Gaudens.

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Le roudet et la poulie d’entraînement de la meule. Photo : M. Lajoie-Mazenc


Dans les années 2000, nous avons décidé de restaurer la bâtisse du moulin et de remettre en fonctionnement une paire de meules. Nous avons utilisé l’arbre libre couplé à un roudet et muni d’une poulie qui restait de l’ancienne installation de production d’électricité. Ce dispositif permet d’entraîner la meule tournante par courroie. La chute d’eau dont nous disposons, même minime, permet cependant de faire travailler la meule en silex, constituée de quatre quartiers frettés, pour moudre du maïs.
Enfi n, pour démonstration et surtout pour les enfants qui veulent toujours faire eux-mêmes de la farine, nous avons pu reconstituer, à partir d’une petite meule d’un moulin de montagne, un moulin à bras très effi cace comme l’étaient autrefois ceux des armées en campagne.
De plus, nous avons construit un modèle réduit de martinet actionné par une roue à eau verticale, en mémoire des dix huit martinets qui existaient aux forges de Touille, pas très loin de Linos. Bien que simplifi é et de taille modeste, notre martinet permet de battre à froid des petites pelles pour jardiner que nous offrons par tirage au sort à nos visiteurs... Un souvenir utile qui paraît fort apprécié !..
Notre bien vieux moulin qui a connu pas mal d’aventures est ainsi reparti, avec ces derniers aménagements et plein d’une nouvelle jeunesse, pour la postérité.

Famille BERBIÉ - FOUCHÉ - Article paru dans le Monde des Moulins - N°44 - avril 2013

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