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En Haute-Garonne, le moulin de Saint-Béat s’est reveillé

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La bâtisse du moulin. Phoro de Michel Lajoie-Mazenc

La Garonne quitte l’Espagne au travers d’étroits passages que les romains appelaient le Pas du Loup, creusant le marbre devenu célèbre lorsqu’il fut utilisé pour les bassins et les statues de Louis XIV au château de Versailles.
C’est dans cette vallée que se situe le moulin de Saint-Béat, déjà cité dans des actes écrits au XVIème siècle. Il a produit de la farine jusqu’en 1960 quand le dernier propriétairemeunier Gabriel Lodevèze a pris sa retraite.
Pour Jacques Talazac, qui a passé son enfance dans une maison tout à côté, une seule chose a compté : revoir les meules moudre le grain.
Avec son ami Maxime Biencinto, ils ont passé des heures à remettre en état le mécanisne pour restaurer le moulin. Jacques Talazac, membre de l’Association Régionale des Amis des Moulins du Midi Toulousain, affi liée à la Fédération Des Moulins de France, explique que le moulin de Saint Béat est exceptionnel : le seul à posséder des cuves façonnées en marbre blanc pour contenir les rouets.
Aujourdhui, il a transmis son savoir à Guy Didier, chargé par la mairie de Saint-Béat, propriétaire du moulin depuis 2001, de le faire fonctionner. La mairie a également demandé à Manon Miossec de participer à sa mise en valeur.

Lors du festival du marbre en juillet dernier, le moulin, toujours en cours de restauration, a été ouvert aux visiteurs. Ils se sont bousculés dans la salle des trois paires de meules dont une a refait de la farine. Ils ont vu l’eau couler sous leurs pieds et actionner le rouet dans la cuve grâce à un sol en verre.

Le maire, Hervé Péréfarres est vraiment comblé de voir que ce lieu a repris vie. Il explique que le but est de faire de ce lieu « Le Moulin des Arts », entre tradition et modernité, en le rendant accessible au public qui pourra découvrir le fonctionnement du moulin mais aussi visiter un écomusée sur les métiers d’antan, des expositions à thèmes et participer à la création artistique grâce à des stages. Il est également prévu d’utiliser le terrain attenant pour y cultiver un carré de présentation des céréales utilisées dans les moulins.
Cette action constitue un bel exemple de renouveau grâce à l’acharnement des bénévoles et de la municipalité ainsi qu’aux conseils de membres de la Fédération Des Moulins de France. Il s’agit maintenant d’aller au-delà de la restauration, de concrétiser le projet d’animation, pour que ce lieu devienne un patrimoine vivant pour le développement local.

Michel Sicard

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Les avant-becs. Phoro de Michel Lajoie-Mazenc


Visite du moulin

Le moulin à eau de Saint-Béat est situé en amont du village dans le quartier de la Tignerie. Il est implanté sur une dérivation de la Garonne  comme c’était souvent le cas dans la haute vallée du fl euve. C’est une bâtisse relativement grande, aux murs en pierres apparentes, comportant un toit à plusieurs versants recouverts d’ardoises. Elle servait non seulement à abriter le moulin proprement dit, mais était également utilisée pour loger le meunier et sa famille. La salle des meules est située au rez-de-chaussée au centre de la bâtisse.

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Le linteau de la porte d’entrée. Phoro de Michel Lajoie-Mazenc

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Le hangar attenant au moulin. Phoro de Michel Lajoie-Mazenc

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Le réglage de l’auget. Phoro de Michel Lajoie-Mazenc

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La salle des meules. Phoro de Michel Lajoie-Mazenc

L’eau du canal d’amenée, après être passée sous le pont d’accès, pénètre dans le moulin par trois avant-becs qui la divisent vers les trois vannes à coulisse commandées depuis l’intérieur du moulin. Ces vannes gouvernent l’entrée de l’eau dans les trois cuves au fond desquelles étaient placés les rouets. Actuellement, un seul de ces trois rouets a été restauré et fonctionne pour entraîner la meule située au-dessus (voir l’encart joint qui traite des particularités des rouets à cuve). La porte d’entrée est surmontée d’un linteau décoré d’une rosace gravée dont on ne sait pas si elle a une signifi cation particulière. La salle des trois paires de meules est spacieuse et comporte deux rochelles utilisables pour le stockage du matériel. Des trois paires de meules, seule la paire centrale est complète avec son archure, sa trémie et son auget. On peut remarquer deux particularités : l’archure est métallique et le dispositif de réglage de la hauteur de l’auget utilise un système de pignons et chaîne. Ces aménagements paraissent dater de la dernière période
d’utilisation effective du moulin, cinquante ans en arrière. Adossé à l’arrière de la bâtisse du moulin, se trouve un grand hangar où l’on peut encore voir une prise de force provenant du moulin et qui était dévolue en particulier à l’entraînement d’un batteuse. Dans ce hangar est actuellement stockée une grande quantité de matériel et de machines (meules, rouets, batteuses...) en attente d’exposition. Ce hangar s’ouvre sur un terrain particulièrement propice aux plantations qui seront faites autour du moulin, comme par exemple un carré de céréales.

Michel et Claudine Lajoie-Mazenc

Article paru dans le Monde des Moulins - N°40 - avril 2012

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